La ligne noire J.-C. GRANGE
LA LIGNE NOIRE Jean- Christophe GRANGE
(ph.Chloé, Corfou)
<< Dans le crépuscule, Kuala Lumpur était rose et bleue. Les tours incandescentes brûlaient à feux doux, telles des mosaïques de braises, alors que d'autres blocs, vert translucide, paraissaient prêts à les éteindre de leur fraîcheur.
Marc avait indiqué au chauffeur, phonétiquement, le nom du polo-club. Son regard se fixait, à l'horizon, sur les tours Petronas, vers lesquelles ils se dirigeaient. A cette distance, elles évoquaient deux épis de maïs géants surmontés d'antennes colossales. Ils longèrent un hippodrome. L'atmosphère de rêve se renforçait encore. Tout semblait piqué de parcelles d'or, de brouillard rose. Mais le plus étrange était l'absence de contraste entre les buildings bleutés et les collines verdoyantes. A cette heure , les deux fronts échangeaient leurs couleurs, à la manière de flux liquides. Les immeubles prenaient une teinte végétale et les forêts se creusaient de reflets de verre, de flaques d'argent. >>
La ligne noire, Jean-Christophe GRANGE, ed. Albin Michel, p.200
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